Catégorie mère de Clifford D. Simak Clifford D. Simak roman et biographie de l'auteur Clifford Donald Simak est né le 3 août 1904 et mort le 25 avril 1988. Il a gagné plusieurs prix Hugo et prix Nebula. En 1976, il reçoit le Damon Knight Memorial Grand Master Award de la SFWA pour l'ensemble de sa carrière. C'est ainsi que Simak peut être considéré comme faisant partie des écrivains de l'âge d'or de la science-fiction, au même titre que Bradbury ou Asimov.

Clifford Donald Simak commence à publier de la science-fiction dès le début des années 30 et poursuit sa carrière jusqu'au milieu des années 1980. Il est ainsi présent pendant la plus grande partie de l'histoire du genre. Auteur classique, au même titre que Asimov ou Heinlein, Simak est cependant moins connu des nouveaux lecteurs que ses prestigieux compatriotes. Pourtant, l'un de ses romans, "Demain les chiens", qui est d'ailleurs plutôt un recueil de nouvelles, est l'un des grands chefs d'oeuvres de la science-fiction, dans lequel on trouve de nombreux thèmes du genre sur un ton bucolique, qui sera la marque de l'auteur.

Outre "demain les chiens", deux autres romans de Simak sont considérés comme des chefs d'oeuvres devant figurer dans toute bibliothèque digne de ce nom : "Au carrefour des étoiles" et "Dans le torrent des siècles", explorant respectivement les thèmes du voyage dans le temps et de l'extraterrestre. A coté de ces trois romans, le reste de l'oeuvre de l'auteur paraît plus faible. On trouve cependant dans la plupart de ses textes une ambiance, un "ton Simak", qui en font toujours des lectures agréables.

Clifford Simak a exploré de nombreux thèmes du genre au cours de sa carrière : voyages dans le temps, mondes parallèles, mutants, et a même écrit quelques textes de fantasy. Il met souvent en avant dans ces oeuvres des personnages simples qu'il situe dans le Minnesota, sa région d'origine. Il émane de son oeuvre une impression de paix, loin du fracas des batailles spatiales et des guerres galactiques.

Le Pêcheur
Le Pêcheur par Clifford D.SIMAKEncore une histoire engorgée de bons sentiments de la part de SIMAK, avec pour toile de fond l'Amérique profonde. Cet auteur toujours ravira les amoureux de monde fantasmagorique.

Titre original : - Time is the simplest thing -, 1961

Encore une histoire engorgée de bons sentiments de la part de SIMAK, avec pour toile de fond l'Amérique profonde.

La fuite du héros durant une grande partie du livre est plutôt poétique, à travers les paysages campagnards et désertiques que SIMAK apprécie tant, fuite pendant laquelle l'auteur assène à grands coups d'humanisme des messages de tolérance et d'espoir qui pousserait un SS à se convertir au Bouddhisme.

L'histoire débute donc sur les chapeaux de roue, avec la fuite précipitée du héros, qui au cours d'un de ses voyages psychique a " chopé " un extraterrestre.

En effet, les hommes, pour des soucis que je vous laisse le soins de découvrir au début du roman, ont opté, plutôt que pour les voyages spatiaux par vaisseaux interposés, pour les " voyages psychiques ". Ces voyages psychiques ont des buts plutôt lucratifs pour la société qui a la main mise sur ce genre de procédé.

Or un de leur protégé revient d'un de ces voyages avec une entité extraterrestre qui s'est installée dans son cerveau. Évidemment, cela n'est pas du goût des employeurs qui n'apprécient pas trop l'inconnu, et le héros ayant été mis en garde précédemment par un de ses collègue voyageur, qui fut dans le même cas avant de disparaitre mystérieusement, s'enfuit dès son "retour".

Mais l'ennemi est partout, et Blaine (le héros) ne sait pas vraiment quel est son visage.

S'ensuit donc une poursuite échevelée, avec de multiples rebondissements, Blaine s'en sortant plusieurs fois de justesse grâce à son nouveau compagnon (et aux nombreuses idées de SIMAK), et une fin pleine d'espoir, enfin ça dépend de quel coté on se place.

Tout au long du roman, SIMAK place donc ses messages d'espoir, envers l'éradication de l'intolérance, dans le cas présent, l'intolérance des gens normaux envers les personnes douées de pouvoirs psychiques, conséquence des habituels motifs que sont la peur de la différence et de l'inconnu, accentuée par la folie de quelques personnes qui en entraine d'autres sur des chemins peu recommandables, vers une haine irraisonnée et injustifiée. Tout ça noyé dans des passages philosophiques de haute volée sur cette introspection semi-consciente et sur les piètres résultats que cela apporte à la race humaine.

Mais il est inutile de s'étendre pendant des heures sur ce livre. Vous n'avez qu'à le lire.

Finalement les fusées étaient trop lentes. Mieux valait confier l'exploration spatiale à des hommes aux pouvoirs télékinésiques prononcés. Leurs facultés psi leur permettaient, sans se déplacer, de projeter leur esprit jusqu'aux étoiles. Leur centre, surnommé l'hameçon, commercialisait ensuite les idées et les techniques que les explorateurs avaient rapportées des planètes lointaines.

Lorsque Sheperd Blaine ramène une entité extraterrestre qui a pénétré dans son esprit, il sait que l'hameçon ne prendra pas de risques : dans ces cas-là, on supprime l'explorateur. Il doit fuir. Mais, hors de l'hameçon les hommes doués de facultés psi sont massacrés par la foule qui a peur d'eux.

Blaine est donc perdu. Toutefois, il n'est plus seul : désormais, une entité aux pouvoirs inconnus l'habite.

Une Chasse Dangereuse
Une Chasse Dangereuse Par Clifford Donald SimakEncore de fabuleuses histoires de la part de Simak. Ce recueil de nouvelles recèle des trésors d'imagination dont fait preuve constamment cet auteur, et je ne tarirai jamais d'éloges pour celui-ci, que j'affectionne tout particulièrement.

Il parvient à distiller les informations et les révélations intelligemment et avec parcimonie tout au long de ses nouvelles, avec encore une fois des idées tout bonnement excellentes, et une propension à la bonne humeur sur une grande partie du livre, d'où sont une fois encore absentes les villes.

A vrai dire, il apparaît que Simak transperce ses lecteurs de dizaines de sentiments différents dans chaque nouvelle.

Le ton est donné dès le début, avec la première nouvelle, " Une chasse dangereuse ", qui est une chasse véritablement passionnante, et où l'on ne sait pas vraiment lequel est le chasseur. Ce qui est sûr, c'est qu'elle se déroule sur une lointaine planète, et que le gibier y est bien plus rusé que sur la Terre, ce qui promet surprise sur surprise.

L'humour est également présent dans ce recueil avec " l'Opération Putois ", où le vieil Asa n'est presque pas surpris de voir sa voiture se mettre à voler dans les airs pour entrer en collision avec un chasseur. Il est vrai que sa bouteille n'est jamais loin.

" Jardinage " n'est pas non plus dénué d'humour mais aussi de poésie, avec des E.T. qui, si ils sont bien vert, ne sont pas du tout de petits hommes. Ou comment arrêter un tueur de plante.

C'est le suspens, omniprésent, qui l'emporte dans " La Planète aux pièges ", avec un équipage qui ne sait plus comment repartir de la planète où ils ont atterri. Mais au delà de ces considérations, c'est le principe même de la décadence intellectuelle, préconisé par Simak, qui est véritablement génial et bien pensé.

Il y a également trois autres nouvelles de très bonne facture, avec une plaisante histoire de robot envahissant et très humain, une autre de voyage dans le temps.

En définitive, ce recueil de très grande qualité est à lire de toute urgence. Il s'en dégage un optimisme qui semble récurent chez Simak, avec une imagination débordante.

detail des nouvelles

1- Une chasse dangereuse (The world that couldn’t be, 1958)

Gavin part à la chasse du cytha, un animal qui ravage les plantations dont il s’occupe sur une lointaine planète. Le cytha est un animal tabou et Gavin a du mal à trouver un guide pour l’aider dans sa chasse. Le cytha devient de plus en plus intelligent à mesure que la chasse s’allonge et la distinction entre le chasseur et la proie n’est plus évidente. Une nouvelle qui vaut surtout pour l’invention du cytha et de son rôle dans l’ecosystème de la planète. La chasse est intéressante et présente de nombreux rebondissements. Une histoire sympathique.

2- Pour sauver la guerre (The civilisation game, 1958)

L’entrée de la Terre dans la fédération galactique lui a fait perdre son identité et ses traditions, que certains hommes s’efforcent de retrouver en jouant les rôles des fonctions du passé : policier, politicien... Un traitement original de la question de l’identité culturelle lors de l’entrée de la Terre dans un ensemble galactique, soutenu par une intrigue en forme de complot de meurtre.

3- Plus besoin d’hommes (How-2, 1954)
Le développement des robots a permis aux hommes de se débarasser de toutes les corvées et de ne plus travailler. Mais il leur faut maintenant lutter contre l’ennui et chacun cherche des hobbies auxquels se consacrer. Une nouvelle génération de robots est créée qui leur permettra de s’occuper d’encore plus de choses. Une nouvelle technologie peut dépasser son but et n’être plus maitrisable. Ici le dérapage amène les hommes à l’ennui et finalement à l’inutilité. L’auteur met aussi en scène la question de la reconnaissance légale des robots en tant que personne, un thème qui reviendra beaucoup plus tard dans les questions d’intelligence artificielle.

4- La planète aux pièges (Junkyard, 1953)

L’équipage d’un vaisseau posé sur une lointaine planète s’aperçoit qu’il ne sait plus comment faire fonctionner l’astronef. Les hommes perdent peu à peu la mémoire, surtout lorsqu’ils approchent des mystérieuses tours qui semblent d’origine artificielle. C’est surement dans l’étude de ces tours et aussi des restes de vaisseau trouvés à proximité que se trouve la solution au problème. Une nouvelle de facture classique, confrontant l’homme aux mystères d’une planète étrangère, mais réhaussée par une pointe d’humour.

5- Jardinage (Green Thumb, 1954)

La visite d’une plante extraterrestre dans le jardin d’un brave homme et leur apprentissage de la communication font de cette nouvelle une histoire classique et peu passionnante.

6- Opération putois (Operation stinky, 1957)

Un vieil ivrogne fait la rencontre d’un étrange putois qui est surememt un extraterrestre et révèle des pouvoirs sur les objets mécaniques comme la vieille voiture de l’ivrogne qu’il fait voler. L’armée s’intéresse au putois et engage l’ivrogne qui semble être le seul à pouvoir communiquer avec lui pour le faire travailler à perfectionner le matériel militaire. Encore une histoire de rencontre avec un extraterrestre, avec la mise en scène d’un vieil ivrogne sympathique dans une ambiance chère à l’auteur et toujours de l’humour.

7- Projet Mastodonte (Project mastodon, 1955)

Un savant invente la machine à remonter le temps et part pour le lointain passé avec deux amis, mais à cause d’une panne de leur hélicoptère ils se retrouvent coincés au temps des mammouths. Cependant, dans le présent personne n’a pris au sérieux ce savant farfelu, sauf un général qui attend son retour alors que la guerre menace et que la machine à remonter le temps pourrait empécher ou declencher le conflit. La nouvelle qui a servi de base au roman "Mastodonia" du même auteur contient certaines des idées de ce dernier mais sous une forme plus ramassé.
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