Catégorie mère de Joan D. Vinge Joan D. Vinge roman et biographie de l'auteur Joan D. Vinge naît à Baltimore (États-Unis) en 1948. Elle est particulièrement connue pour son roman La reine des Neiges (Prix Hugo 1981), sa série sur un demi extra-terrestre télépathe nommé Cat et son adaptation du film de George Lucas Star Wars : épisode VI - Le Retour du Jedi. La reine des neiges remporte en 1981 le prix Hugo du meilleur roman de science-fiction. Les yeux d'Ambre, en 1977, le même prix pour la meilleure nouvelle. Elle a tout d'abord été mariée à l'auteur Vernor Vinge puis à l'éditeur James Frenkel avec qui elle a deux enfants.

Les yeux d'ambre
Les yeux d'ambre Par Joan D. VingeT'uupieh est cruelle, dangereuse, elle arbore son petit démon personnel avec fierté. Le globe qu'elle porte contre elle inspire le respect de ses hommes; Aussi n'est-elle nullement gênée lorsqu'un grand seigneur l'engage pour tuer sa propre soeur.

Joan D. Vinge est un auteur, épouse de Vernor Vinge ( lui-même auteur de SF ), licenciée de Sociologie; " Les yeux d'ambre " est son troisième bouquin, livre qui fût - excusez du peu - et à juste titre couronné par le Grand Prix International du meilleur récit de SF 1978.

Dès la première page de la première des cinq nouvelles, l'auteur impose son style; " D'une démarche lourde, la mendiante gravit la ruelle plongée dans le silence du soir... " commence-t-elle. Tout juste est-on interpellé par des noms bizarres, " Chwiul ", " T'uupieh "; Mais lorsque la vieille femme, se révélant à la lumière, découvre ses ailes majestueuses, ses griffes et ses crocs acérés, on ne peut empêcher d'arborer un regard intéressé ; T'uupieh est une tueuse... elle assassine des gens à tours de bras, accompagnée de ses fidèles brigands.

T'uupieh est cruelle, dangereuse, elle arbore son petit démon personnel avec fierté. Le globe qu'elle porte contre elle inspire le respect de ses hommes; Aussi n'est-elle nullement gênée lorsqu'un grand seigneur l'engage pour tuer sa propre soeur.

L'univers de Vinge est baroque, décalé, tout autant qu'il est réaliste; T'uupieh est profondément humaine, jusque dans la barbarie de la société qui l'entoure. Elle évolue dans un monde de pierres aiguisées, de lacs d'acides, respire l'ammoniaque comme nous nous nourissons d'oxygène; Mais l'histoire d'une tueuse et d'un démon ne serait, en soi, pas vraiment originale - et captivante - si l'auteur n'avait pas rajouté sa touche. A des millions de kilomètres de là, sur Terre, Shannon Wyler est chargé de traduire les paroles de la tueuse. La sonde terrienne était bien arrivée sur Titan et T'uupieh, la prennant pour un petit démon, la gardait sous son aile. Le technicien, lui, était chargé de relater l'histoire qui se déroulait, à un an d'écart, sur la lune de Saturne, et qui paraitrait le lendemain dans le journal...

Avouez que l'histoire est enthousiasmante, non ? Tout comme dans les quatre nouvelles qui suivent, l'auteur sait ménager ses retournements de situation; en vrac : une astronaute perdue dans un vaisseau qui ne s'arrêtera jamais; l'amour d'un cyborg de 120 ans et d'une astronaute qui ne revient que tous les vingt-cinq ans, sur fond d'évolution de la société ; Un journaliste, paria de la société, qui se retrouve impliqué dans une affaire spatiale douteuse; Un monde médiéval où l'on voit un garde avec une mitrailleuse.

Joan D. Vinge aborde la solitude profonde, la criminalité et la violence, les changements multiples, mais elle écrit aussi sur la passion, l'exploration; Aucune de ses histoires ne se ressemble; Tout juste remarquera-ton de petits clins d'oeil discrets, en-dehors du fait que toutes ont un rapport avec l'espace. Malgré cela, on retrouvera, dans chacune de ses nouvelles, un ou deux personnages attachants, à cent lieues des stéréotypes classiques, humains, parfois touchants. Le fait est que tous ses " héros " sont en-dehors de la société : " cyborg, cosmonaute, médiaman, monstre,... " mais ils s'intègrent dans des situations originales et passionnantes. Non, ce n'est pas de la promo. Et oui, j'ai vraiment aimé. Vinge aborde des thèmes assez philosophiques, chacune de ses petites histoires est à méditer. Ne vous prenez pas la tête, non plus, ça reste agréable à lire... et puisque j'y suis, je toucherais deux mots sur le style de l'auteur, qui est fluide, particulièrement lors des descriptions. Du beau boulot. Pour le reste, on pourra critiquer sur les fins peut-être pas assez développées, dans deux de ses histoires en tout cas; Le schéma de l'auteur - attention, je parle de style, pas d'histoire - commence très fort sur le début, monte progressivement jusqu'à l'apothéose, puis redescend doucement , s'effaçant au fur et à mesure jusqu'à la fin. C'est vraiment histoire de chipoter, mais l'arrêt est parfois brutal; en y réfléchissant, on trouve que non, c'est bien, mais sur le coup ça étonne. Sinon, reste un joli morceau de bravoure en cinq actes, bourré d'idées nouvelles, rafraichissant, facile à lire, grandiose. Et qui mérite bien ses cinq étoiles.
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